Quelle désolation de découvrir une photographie de la plage de ses vacances et de n'en voir qu'un petit morceau ! Par exemple, juste une partie des rochers et adieu le rivage de sable fin. On est alors obligé d'imaginer et de recréer ce lieu mentalement pour en avoir le meilleur souvenir, le plus exact.
Maintenant il est possible d'en voir la totalité. Vasin a encerclé l'intégralité du site favori, avec son objectif "oeil de poisson", des cieux aux sols, et numériquement magnifié l'image. Il réinvente la vision humaine, une combinaison de vue panoramique et sphérique. C'est étrange alors de se sentir si à l'aise avec ses oeuvres, on se sent en même temps très détendu et ouvert d'esprit. On est « dedans ». On en fait partie. On n'est jamais exclu comme un simple visiteur. L'accueil est un art de vivre et les gens de Thaïlande sont réputés dans ce domaine; Vasin a ainsi réussi à nous accueillir dans son monde sans aucune distance.
L'effet relaxant est du à la possibilité de voir ce qu'on a derriere son dos. Même si cela est peu habituel, on s'y habitue très vite. Nous trouvons naturel de posséder une vision périphérique, comme les oiseaux, peut être est-ce un reste de notre animalité.
Vasin est architecte, cela permet de comprendre pourquoi il donne une dimension extraordinaire à ses prises de vues. A partir d'une image plane, il est capable de gonfler l'espace comme un ballon. En expérimentant l'espace circulaire comme celui dans lequel nous vivons, avec une notion de haut et bas, dessus et dessous, cela nous contraint à être très attentifs à notre environnement. Ainsi c'est compréhensible de se sentir intrépide, et totalement en confiance avec les vues de Vasin parce qu'on n'est pas angoissé par ce qui se passe dans le dos ni constamment sur nos gardes. En même temps qu'on admire la mer, on aperçoit la personne sur la plage.
Maîtriser l'espace est un défi permanent, une sorte de rêve. Certains explorent la lune et d'autre la terre, et toujours des beautés sont à découvrir dans le monde entier, mais bien souvent ne faisons que les survoler.