L'univers de Yanina Weber est peuplé de fantômes de l'enfance, que l'on décèle plus qu'on ne les voit ; le fantôme de la solitude, celui de l'inquiétude, celui de l'étrange, ces drôles d'invisibles qui font s'ouvrir en grand les yeux de l'enfant, la petite Juanita qui se retrouve sur nombre de gravures.
Comme pour chercher d'où cela sort, la petite poupée Junita , naïf avatar de l'artiste, scrute son univers lugubre ou fantastique, perdue sur un fond de papier peint fleuri.
Cette série éditée dans un format de livre est un prélude aux installations murales.
Le travail gravé de Yanina Weber est une longue narration, vagabondage parmi les ex-votos ou les herbes dans « le Jardin des noires agonies ». Parfois, il est question de perdre ses membres, de les avoir attachés à des fils comme une marionnette, celle que l'on croit avoir été dans l'enfance. Les historiettes de fillette font écho à l'oeuvre d' Annette Messager et de Louise Bourgeois qui toutes deux ont démembré le corps de la femme comme pour mieux se le réapproprier et le réintégrer.